Michael Goller
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«Le médium est le message» - ce message principal du philosophe et théoricien canadien des communications Marshall McLuhan (1911 – 1980), nous le répétons comme un mantra, et sommes également convaincus que les technologies modernes de communication changent notre pensée et notre perception, indépendamment du «message» qui est communiqué. Compte tenu des études sur les médias de Michael Goller, un détour dans cette discipline me semble approprié.

En effet, l'artiste reflète continuellement dans ses oeuvres, d'une manière sensuelle et extraordinairement claire, les deux supports que sont la peinture et le dessin. Si les surfaces, les couleurs, les dégradés de couleur et les pinceaux sont à la peinture, le dessin, s'approprie les lignes et les traits, les contrastes de noir et blanc et l´écriture manuscrite. Goller réunit tous ces éléments. Cependant, il ne mélange pas les niveaux. Au contraire, lui et son observateur prennent en permanence conscience, qu'il oscille entre le «pictural» et le «graphique» et que ces niveaux fonctionnent indépendamment les uns des autres. D'une part, Goller crée des espaces de couleurs picturales qui suggèrent une profondeur tridimensionnelle, forment des arrière-plans, sans que ceux-ci pourtant ne livrent aucune information sur l'espace et le temps. D'autre part, il dessine des figures qui se démarquent clairement par leurs contours sans qu´il subsiste une quelconque abigüité sur leurs fonctions.

Dans ses dessins à l'encre, Goller est, par nature, dépendant de la conception linéaire. Cependant il n´utilise pas que les lignes, mais crée aussi différents plats et tons de noir par plusieurs couches de traits. Contrairement à ses tableaux, voulus plutôt statiques, ses dessins à l'encre possedent un dynamisme qui relient les éléments de l'image tout en leur donnant vie. Des tourbillons laissent les motifs filigranes qui se développent devant nos yeux se déplacer. Souvent, l´oeil essaie de détecter des figures humaines résultant de ces enchevêtrements de lignes. Goller joue avec la silhouette verticale, nous laisse imaginer des foules, tandis que l'observateur pourrait également faire association avec des vêtements. Mais plus encore, c'est plutôt une danse ornementale, une ronde menée par lui, dans laquelle tout est entrelacé et qui semble pouvoir être continuée sans fin. L'observateur voit les instantanés d'un théâtre mondial éternel qu'il regarde avec étonnement mais ne comprend pas.

Le lien entre les éléments abstraits et figuratifs, le classement des niveaux d'espace, la combinaison des structures picturales et graphiques - tout cela nous amène à réfléchir sur le processus créatif. Cela va donc de soi que les œuvres de Goller sortent de son studio «sans titre»: le médium est le message.

Dr. Jutta Moster-Hoos
directrice du Musée Horst Janssen de Oldenburg
2016